Vers une économie au service de l’homme et de la planète

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Les impasses dans lesquelles se trouvent nos sociétés – misère, épuisement des ressources, pollutions, famines – sont le fruit de la logique de pénurie, héritée du passé, lorsque l’humanité était « victime » de son incapacité à produire assez pour tous. Tel n’est plus le cas aujourd’hui. « Produire plus » n’est plus l’obstacle ; mais « produire mieux en respectant les équilibres nécessaires à la vie » est le défi à relever. Nous le savons, mais les règles de l’économie moderne nous enferment dans un processus de fuite en avant : la croissance, incompatible avec celle de l’écologie. Il y a pourtant abondance de solutions, mais l’économie et l’argent, qui ne devraient être que des moyens, sont devenus une fin. Ce ne sont ni les idées, ni la volonté, ni les connaissances, ni les techniques qui manquent, mais l’argent pour les mettre en oeuvre. Tout est soumis à la censure de l’argent ! Dès lors, aucune issue n’est possible à moins de redonner à l’homme la maîtrise sur ses outils, autrement dit la maîtrise de son destin.

Philippe DERRUDER explique comment certains mécanismes monétaires de base, qui gouvernent notre économie, condamnent l’humanité à scier la branche sur laquelle elle est assise. Puis il nous livre pour la première fois rassemblées, neuf expérimentations historiques de monnaies franches : en Autriche, en France et jusqu’à l’Argentine et les USA (Ithaca Hours), sans oublier les SELs. Toutes ces expérimentations ont apporté une prospérité sans précédent (bien réelle en créant emplois et infrastructures) avant d’être interdites et réprimées par les banques centrales ou les états.

Il convient donc de se pencher sur la question de la monnaie : qui l’émet ? pourquoi des intérêts ? Qu’est-ce qui en limite la quantité et l’accès ? Ce faisant, l’ouvrage démontre qu’en se réappropriant le pouvoir de création monétaire, la Société Civile peut s’engager dans une nouvelle dynamique économique qui garantit un équilibre naturel au service des humains.

La troisième partie de l’ouvrage propose à chacun une expérience originale, à tenter dans la société telle qu’elle est, pour apprendre à conjuguer harmonieusement intérêt individuel, bien commun et écologie planétaire. Un texte pédagogique, imagé, prenant les choses au départ, qui nécessite essentiellement un esprit ouvert et du « bon sens ». Une position à contre-courant du libéralisme dominant et des idées du « politiquement correct ». Dans tous les cas, une voie novatrice porteuse d’espoir.

Philippe Derudder, éditions Yves Michel (2005)